> Caractère innovant du projet 

 

L’innovation dans la gouvernance urbaine

 

Ce projet a l’ambition de favoriser, à travers l’innovation, diverses formes de fabrication de la ville. Celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l’emploi des nouvelles technologies, mais reposent aussi sur de nouvelles formes de gouvernance urbaine. D’une part, cela signifie rendre possible la participation active des habitants au projet de la ville et, d’autre part, lever les verrous administratifs qui aujourd’hui empêchent, au sein d’une collectivité, l’optimisation du travail en interne et l'émergence de projets “du bas vers le haut”.

 

→ Favoriser les projets multi-acteurs

Le projet s’intéresse aux projets urbains multi-acteurs, basés sur les méthodes de co-construction et à la manière dont ceux-ci sont renforcés par l’emploi d’une plateforme numérique. La méthode européenne du Quadruple Helix (c’est-à-dire la collaboration entre quatre acteurs tels que l’administration publique, les instituts de recherche, les entreprises, les habitants) sera ainsi au cœur de la réflexion.

 

Pour inclure des méthodes participatives dans le projet urbain, le projet aura comme objectif de mieux connaître le parc privé “végétalisable” (la place des copropriétés, des bailleurs sociaux, des écoles, des associations, des hôpitaux est dans ce cadre fondamentale) afin de pouvoir encourager des rencontres public-privé. Pour ce faire, un dispositif à différentes échelles sera mis en place, composé de :

  • Espaces d’échange et de création des projets sur le Web (plateforme Végétalisons Paris).

  • Réunions mensuelles entre chercheurs et agents de la Ville (appartenant aux directions mobilisées dans le projet NATURPRADI).

  • 6 ateliers entre l'équipe de chercheurs, agents de la Ville et porteurs de projets (entreprises, bailleurs sociaux et associations).

  • 4 meetups (ateliers publics) entre chercheurs, agents de la Ville, porteurs de projets et habitants.

 

→ Favoriser l’inclusion des habitants par le projet urbain

L'un des aspects innovants de cette plateforme sera de mettre l’usager au centre du processus, à la fois en termes d'encouragement de nouvelles communautés (stimulant l’empowerment de réseaux citoyens et associatifs existants) qu’en termes de simplification des procédures administratives. Tout en conduisant l’habitant vers les démarches nécessaires pour la végétalisation d’un espace urbain, la conception de la plateforme mettra en avant les questions du point de vue des habitants (« Ce que je veux faire »), plutôt qu’une vision administrative du projet urbain (« Demander un permis de végétaliser ») qui reste souvent peu compréhensible pour les habitants. Ainsi, l’emploi d’un approche User Centered Design (littéralement “l’usager au centre du projet”) pour la conception de la plateforme conduira à la création d’un outil qui, contrairement aux procédures déjà existantes, privilégiera les objectifs de projet des usagers (« Je veux végétaliser ma terrasse, comment faire ? », « Je veux planter un arbre sur mon balcon, comment faire ? »).

 

L’objectif sera notamment celui d’abattre certaines barrières de langage entre habitants et administration, afin de mener à une pédagogie de projet la plus accessible possible.

 

→ Travail interdisciplinaire entre directions orienté vers l’action

La plateforme devra prendre en compte la validation des offres de service publiées sur la plateforme (dans le respect du code des marchés publics), le rôle des mairies d’arrondissement (validation des projets, accompagnement, lien et suivi avec les services techniques locaux de la Ville de Paris), l’accompagnement administratif et technique des projets de végétalisation. Cela implique la collaboration étroite entre différentes directions internes de la Ville (DSTI, DEVE, DLH, DICOM, DU, DASCO).

 

La nouvelle plateforme aura l’ambition d’avoir un back-office complexe et multifonctions qui sera un espace de travail unique et mutualisé grâce auquel il sera possible de lever le verrou administratif du travail par silos (typique des administrations publiques) et permettra de nouvelles façons de travailler en interne inter-directions et inter-mairies d’arrondissement. A cela, s’ajoutera une étroite collaboration avec les équipes de recherche.

 

 

L’innovation dans le montage des projets urbains appuyés sur des technologies numériques

 

Comme affirmé auparavant, l’innovation ne se fait pas exclusivement par des évolutions techniques. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication impliquent une imbrication très importante entre innovations techniques et innovations sociales. Les réseaux sociaux ont changé les pratiques de communication et d’interaction entre les humains. Les smartphones ont transformé la façon d’explorer l’espace grâce aux cartes interactives en temps réel. Le télétravail a bouleversé la façon de travailler et de percevoir l’espace de travail. Ainsi, la plateforme Végétalisons Paris proposera des outils informatiques porteurs de nouvelles pratiques pour faire un projet urbain.

 

→ La plateforme comme outil de projet :

L’ambition de la plateforme est de constituer un outil de travail et de projet inédit. Une partie du site sera consultable en libre accès, par tout public (« conseil et projets emblématiques »), mais une autre partie contributive nécessitera une inscription préalable avec la création d’un compte (nom, adresse, etc.) où se feront les déclarations de projet, les mises en relation entre « porteur de projet » et « porteur de lieu », le suivi des réalisations. Cette partie de la plateforme sera suivie tout particulièrement dans sa première année d’existence (dans sa version bêta), où seront choisis les projets emblématiques à observer et à suivre. Cela sera fondamental pour comprendre de l'intérieur ces cas d’étude et pour donner ensuite les recommandations nécessaires à la version définitive de la plateforme (mise en ligne pour fin 2017).


→ Une plateforme à temporalités variables :

Un regard particulier sera porté sur les interactions réelles entre la nature, la ville, les usages des espaces naturels et leurs temporalités pour chercher à adapter l’outil numérique aux changements des besoins. Aujourd’hui sur le Web, on retrouve une production d’images où le printemps est un temps infini et la nature est toujours florissante, provoquant une nette séparation entre le monde analogique et le monde numérique. Ainsi, l’hypothèse d’une plateforme qui puisse être « saisonnière » constituera un des éléments innovants du projet.

 

Pour ce faire, le repérage de sites qui prennent en compte les changements saisonniers (sur l’interface et dans la production d’images) et un travail sur les images de nature produites sur le Web sera effectué. Selon les résultats obtenus, l’ajout de fonctionnalités particulières dans la nouvelle version de la plateforme sera prévu.

 

→ Cartographie interactive et collaborative :

L’aspect cartographique représente l’un des caractéristiques plus importantes et innovantes du projet. Il s’agira tout d’abord de crowdsourcer les informations du territoire : la Ville, les porteurs de projets et les habitants participeront ensemble au recensement sur la plateforme des espaces urbains à végétaliser ou déjà végétalisés. L’information, ainsi cartographiée, sera aussi affichée en temps réel par un « compteur des espaces verts », des données statistiques sur les projets (les surfaces potentiellement végétalisables, par exemple) et la typologie des projets. Cela donnera un aperçu direct des données et incitera les habitants à déclarer leurs projets et retours d'expérience. Il s’agira ainsi d'appréhender des façons collaboratives pour cartographier la ville : suite à l’enregistrement d’un compte sur la plateforme, les usagers pourront poser sur la carte le « point à végétaliser » avec le curseur. Ainsi, différemment d’un recensement par adresse, qui aujourd’hui reste trop générique, cela aidera les services techniques de la Ville à intervenir sur le terrain de façon plus efficace.

 

La création d’une cartographie collaborative en ligne est assurée par l’emploi du logiciel ArcGIS. La base de données géographique regroupant l’ensemble des projets de végétalisation sera hébergée sur un serveur de la Ville de Paris. D’une part, cette base de données sera éditable par les citoyens via l’interface ArcGIS Online, intégrée sur la plateforme Végétalisons Paris. D’autre part, les agents de la Ville pourront, de leurs côtés, modifier la base de données cartographique à partir du logiciel ArcGIS Desktop installé sur leurs postes. Ainsi, ce travail mutualisé sur la même base de données permettra la mise à jour automatique de la cartographie collaborative à la fois sur la plateforme Végétalisons Paris (sous forme de carte), sur la plateforme opendata.paris.fr (sous forme de fichier Excel).

 

Les cartographies réalisées par les chercheurs, issues des enquêtes sur le terrain, seront aussi faites avec ArcGIS. Cela permettra un partage plus simple et une intégration des données entre tous les partenaires du projet. D’ailleurs, la réalisation en ArcGIS de toutes les cartographies de la recherche permettra aussi une plus simple réplicabilité du projet.

 

→ Open data :

Depuis 2011, la Ville de Paris est engagée dans une politique d’open data, dont les espaces verts constituent l’un des sujets d’intérêts majeurs. La plateforme Végétalisons Paris participera aussi à cette démarche d’innovation et le projet NATURPRADI s'appuiera sur cette démarche de la Ville de Paris pour échanger très facilement des données.

 

Tout d’abord, la publication des données en open data répond à la demande de transparence des citoyens sur les démarches de l’administration publique (activation et suivi des projets urbains, données publiques cartographiées du territoire parisien, dépenses publiques, résultats des concertations, etc). En outre, à travers l’open data, les administrations soutiennent l'écosystème de l’innovation : la publication des données ouvertes permet le partage de la connaissance des territoires et la création de nouveaux services par d’autres acteurs.

 

→ Open source :

La définition de « logiciel open source » désigne un logiciel dont le code informatique est rendu public. Cela implique un travail de co-production, où plusieurs développeurs informatiques dans le monde améliorent ensemble le code informatique de ce logiciel, tout en partageant leurs résultats au sein du groupe (Linux est un bon exemple).

Ainsi, Végetalisons Paris sera créé à partir du logiciel open source de la Ville de Paris, Lutèce (https://github.com/lutece-platform). Cela permettra aux acteurs du numérique de pouvoir collaborer au projet.